Choupie-chat, Papa-chat, la vie et moi...

07 février 2017

Le long, très long dernier trimestre

Je vous l'ai dit et répété : je n'aime pas être enceinte, et j'aimerais, dans la mesure du possible, ne plus jamais l'être de ma vie.

La raison principale pour cela ? Non, pas les angoisses, pas la nausée, ni tous les autres maux dont je pourrais courageusement m'accomoder pour la bonne cause (dit-elle maintenant qu'elle en est sortie, bien sûr). Non, le principal souci, la véritable bête noire pour moi qui ne suis ni patiente ni endurante, c'est la longueur de la grossesse (humaine... parce que bon, les lapines, ça va encore). Neuf mois, pas loin d'une année, ça me paraît juste une éternité.

Et le dernier trimestre tout autant.

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C'est quand même la misère quand ton tee-shirt de grossesse préféré n'est même plus assez long pour recouvrir la totalité de ton bide... (ça ne va pas détromper une certaine personne dans sa croyance que j'ai avalé un melon, ça... enfin une pastèque, à ce stade...)

Alors bon, je suis malgré tout consciente des avantages d'avoir franchi ce cap depuis le 21 janvier...

Déjà, le dernier trimestre est rassurant. Très rassurant. Il est rassurant parce qu'on sent son bébé très souvent, et qu'on le sent bien. Plus de place au doute : quand un coup est tellement fort qu'il te fait mal ou que tu vois des vagues se dessiner sur ton ventre, impossible de penser que c'est le cassoulet d'hier soir. Et puis à partir de 6 mois de grossesse, on sort de l'extrême prématurité : si bébé venait à naître aujourd'hui, même si ce n'est évidemment pas du tout souhaitable, ses chances de survie sans séquelles seraient plutôt bonnes.

Ensuite, le dernier trimestre est gratifiant. Dans la plupart des cas, le ventre se voit et se voit bien, on ne peut pas le louper (sauf évidemment si on est en fucking février et qu'on porte dehors un gros manteau) (mais il n'y a peut-être que moi qui m'illusionne sur le fait qu'on pourrait ne pas voir ma grossesse alors que mon manteau semble prêt à craquer à tout moment...). Et quitte à être enceinte, autant avoir le joli ventre qui va avec (et pas que les nausées, les remontées acides, les douleurs ligamentaires et la constipation), hein ? Il est gratifiant aussi car on peut commencer à vraiment imaginer le petit bébé dans ce ventre rebondi, essayer de deviner sa tête, ses pieds, ses mains, le caresser et le sentir réagir. Commencer à avoir une réelle relation.

Enfin, le dernier trimestre est plutôt sympa parce que eh, ben c'est le dernier ! La libération approche, elle est à portée de main ! On rencontrera bientôt ce bébé qui d'amas de cellules est devenu embryon est devenu foetus et finalement sera là, nouveau-né, dans nos bras, blotti contre notre poitrine, fleurant bon le bouchon muqueux et le liquide amniotique. 

D'ailleurs, je mesure ma chance pour cette grossesse (contrairement à la dernière où j'avais toujours un train de retard) d'être l'une des plus enceintes parmi les personnes que je connais. Alors je sais, la durée de la grossesse est la même pour tout le monde et j'ai franchi les différents palliers ni plus tôt ni plus tard que les autres à une échelle purement biologique. Il n'empêche qu'à tous les instants, je me suis sentie privilégiée.

Privilégiée d'être enceinte quand d'autres étaient toujours en essais, privilégiée d'avoir arrêté de vomir mes tripes quand d'autres crachaient encore les leurs, privilégiée d'avoir passé les 3 mois quand d'autres étaient toujours dans l'angoisse, privilégiée d'avoir fait mon écho morpho quand d'autres s'inquiétaient toujours d'éventuelles malformations (et ne savaient pas le sexe de leur bébé, mais ça, on va dire que c'est secondaire !), privilégiée d'avoir passé le seuil de viabilité quand d'autres craignaient toujours une fausse couche, et enfin privilégiée d'être entrée moi dans cette ultime ligne droite qu'est le troisième trimestre.

Mais ce trimestre a beau être le dernier, il n'est pas plus court que les autres (enfin si, il peut l'être, il l'est même souvent, mais rarement de beaucoup). On parle toujours de trois mois (on voit la fille qui a étudié la linguistique, hein). Un quart d'année. Une saison entière. Un tiers de la durée totale de la grossesse (on voit aussi la fille qui a choisi option maths au bac). Ce n'est pas rien, un tiers. Si on nous disait qu'on avait un tiers de risques de mourir dans l'année, on ne serait pas rassuré, nonobstant les deux tiers restants.

Et puis, c'est très frustrant d'en voir le bout sans pouvoir le toucher. Les semaines s'égrainent au ralenti. Il me semble que cela fait déjà six mois que je suis enceinte de 6 mois. Ben non, ça fait à peine plus de deux semaines. J'ai fort heureusement les séances de prépa tous les quinze jours et le suivi mensuel qui me permettent de baliser régulièrement cette dernière ligne, droite peut-être, mais non moins longue. Et puis la dernière échographie se rapproche. Plus qu'une petite dizaine de jours.

Seulement voilà, ce sera émouvant, sans doute, mais un peu triste aussi, cette dernière échographie. La dernière rencontre sur écran avant la rencontre IRL. Et pendant les deux mois restants avant le grand bouleversement, je ferai quoi, moi ?

Je travaillerai pendant l'un des deux, bon, on peut imaginer que ça fera passer le temps. C'est d'ailleurs plutôt efficace depuis six mois, d'autant plus que ces derniers mois, j'ai sauté de challenge en challenge (quitte à me casser un peu la gueule parfois).

Mais après ? Eh bien j'attendrai. Mes séances de prépa se termineront (d'autant plus que je les ai commencées tôt). Et mon prochain rendez-vous mensuel, ben ce sera le grand jour. A peine aurai-je le rendez-vous anesthésiste et celui pour la salle nature (non ce n'est pas contradictoire : j'assure tous mes arrières !) pour me divertir un peu.

Ma chance, c'est tout de même de terminer ma grossesse en pleine période électorale. Comme tous les cinq ans, je me prends au jeu, je lis les programmes, je mise sur un poulain et j'espère le voir gagner. Tiens, d'ailleurs, si vous hésitez entre différents candidats de gauche (à droite, je voudrais pas dire, mais en ce moment ça pue un peu), vous pouvez aller voir l'avis de la talentueuse Ars Maëlle, qui en plus d'écrire très bien et de nous faire réfléchir sur plein de sujets différents est aussi graphiste et engagée à ses heures perdues... et qui sait, peut-être vous laisserez-vous convaincre ?

Il y a trois ans, j'ai accouché le jour de la finale de Top Chef... je renouvellerai peut-être l'exploit d'accoucher durant une soirée aux enjeux cruciaux (ouais ouais, je compare les présidentielles à Top Chef, non non, je n'ai pas honte). Mais je n'espère pas, parce que le 23 avril, ça me ferait un rab de deux jours sur la date de mon terme... et franchement, cette grossesse, elle est bien assez longue comme ça !

Posté par Chat-mille à 02:07 - - Commentaires [32] - Permalien [#]
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