Choupie-chat, Papa-chat, la vie et moi...

17 août 2017

Je suis venue te dire...

Cel fait trois ans que ce blog existe. Je l'ai ouvert quand Choupie avait 1 mois. A l'époque, j'écrivais mes articles avec elle au sein. Je ne sais pas comment je faisais : aujourd'hui, cela me semblerait impossible avec Kitty (d'ailleurs je ne le fais pas : j'allaite ou j'écris, mais je ne fais pas les deux). Comme cette période me paraît lointaine !

Ce blog a donc pas mal vécu et il est l'un des plus vieux de ceux que je suis actuellement... peut-être le plus vieux, parmi ceux encore actifs. Le dernier dinosaure (bon, je sais, il y a d'autres blogs beaucoup plus vieux que le mien sur la blogo, mais ce ne sont pas ceux avec qui je communique le plus). Et peut-être est-il temps que le vieux dinosaure prenne sa retraite (je dis peut-être, mais c'est une annonce tout ce qu'il y a de plus décidée).

Alors je sais, ça semblera sans doute bizarre et soudain alors que mes derniers articles ne datent pas d'il y a si longtemps. A vrai dire j'y pense depuis plusieurs semaines déjà. Et puis tout d'un coup c'est devenu évident. D'une soudaine évidence. C'est juste que je n'en ai d'ailleurs parlé à personne, pour ne pas risquer qu'on tente de me dissuader avec plus ou moins d'honnêteté intellectuelle.

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A l'origine de cette décision, de multiples événements et réflexions.

Il y a déjà le fait que je n'ai pas été coup de coeur Hellocoton depuis bientôt neuf mois (je n'ai même jamais été coup de coeur Hellocoton : à l'époque ça s'appelait encore sélection ou Une) (je vous parle d'un temps que les moins de 20 ans...). Ca semblera dérisoire et ridicule à ceux qui ne connaissent pas (et même sans doute à ceux qui connaissent), ils se diront peut-être que quand on a le succès public, on n'a pas besoin du succès critique (toi aussi crois-toi au Festival de Cannes avec ton blog), mais j'avoue qu'avoir la reconnaissance de mes pairs était quelque chose de très motivant et valorisant. 

Je me suis beaucoup demandé ce qui avait entraîné ce désamour soudain. J'ai accusé le style de mes articles, de plus en plus métatextuels. On m'a parlé de mes photos, pas toujours très jolies, ou de mon design, pas vraiment pro, dans une nouvelle formule qui se voulait plus sélective. J'en suis venue à penser qu'on m'avait prise en grippe, pour quelque chose que j'avais dit peut-être : mon scepticisme face à la nouvelle formule ? Mes opinions politiques ? Mais en vérité il n'y a sans doute pas d'explication, je suis juste sortie des petits papiers après une période où le blog était un peu moins actif. Précarité de la gloire.

Cela m'a en tout cas forcée à regarder la vérité en face : depuis que ce blog existe, il stagne (voire il régresse). Des lecteurs il en a, oui, quoique peu de nouveaux (surtout depuis boycottage hellocotonesque). Des followers sur les réseaux ? Beaucoup moins que les copines. Et même des articles ? De moins en moins. J'ai plus d'offres de partenariats, oui, mais enfin, je ne blogue pas pour ça.

Bien sûr c'est de ma faute, parce que je ne m'en occupe pas assez. Mais est-ce que justement le fait que je m'en occupe peu n'est pas révélateur d'une certaine lassitude ? J'ai été beaucoup touchée par les mots de Julia dans son post Instagram où elle annonçait la fermeture de Rose comme trois pommes : "Je n'ai plus le désir de bloguer, et sans désir on ne va pas loin, n'est-ce pas ?" (ou quelque chose du genre : désolée Julia, si tu me lis, tu as fermé ton compte et je n'avais pas fait de copié-collé sur le coup parce que je ne suis pas une psychopathe). J'ai trouvé ces mots très durs pour nous lecteurs, et en même temps très honnêtes et très justes.

Ai-je toujours le désir de bloguer ? Est-ce que parfois (souvent) je ne le fais pas par obligation, profitant de tout répit que me laissent mes filles et mon mari pour me précipiter sur mon blog (ou ceux des autres) ? Est-ce toujours un loisir, ou une sorte de second travail pour lequel je n'ai ni vacances ni rémunération ? J'aime écrire, j'adore écrire, même, mais cela devient par moment une corvée.

Rose comme trois pommes, c'est un des premiers blogs que j'ai suivis sur Hellocoton (alors je sais, j'ai l'air de faire une fixette sur Hellocoton, mais c'est vraiment le réseau qui m'a lancée en tant que blogueuse - je crois même que c'est Escarpins et Marmelade qui me décrivait comme "blogueuse Hellocoton" dans la typologie de ses amitiés virtuelles... c'est pas toi ? c'est qui ? -, et c'est pour ça que je vis si mal le fait d'être présentement exclue de la fête). Nous avons commencé presque en même temps, Rose a à peu près l'âge de Choupie... Ça m'a donc fait très bizarre de lire cet adieu, et ça m'a fait m'interroger sur l'avenir de mon propre blog.

Parfois (et c'est toujours terriblement flatteur !), des gens me disent : "Tu étais un modèle pour moi, c'est grâce à toi que j'ai commencé à bloguer". Ils ne le disent pas au passé (enfin, je ne crois pas), mais moi je l'entends au passé. J'ai l'impression que ce temps où j'étais une blogueuse impliquée, assidue et intéressante est révolu... Place aux jeunes ? Je vous avoue que je me sens de moins en moins de légitimité à bloguer quand je vois de nouvelles blogueuses proposer du contenu original, drôle et régulier (comme l'excellente Picou Bulle), ou même des blogueuses avec un peu plus d'ancienneté mais qui tiennent super bien la distance et se renouvellent sans cesse (comme la copine Die Franzoesin). Moi je me sens has been.

Et puis surtout, je n'ai pas/plus de temps. J'ai repris mon travail la semaine dernière, et c'est un travail que j'adore, pour lequel je m'implique beaucoup mais qui est, de ce fait, extrêmement prenant. Jusqu'en septembre, la nounou étant en vacances, j'ai les deux filles avec moi (je rappelle que je travaille chez moi) toute la journée. Je ne sais pas encore bien comment jongler entre travail et enfants, mais je suis en tout cas sûre qu'au milieu de tout ça, il n'y a pas de place pour le blog. Choupie ne fait plus de sieste depuis plus d'un an, Kitty ne se couche pas encore à heure fixe le soir et la fatigue des premiers mois est encore présente. Ainsi je ne peux bloguer ni en journée, ni en soirée, ni pendant la nuit.

A la rentrée, je ne serai pas forcément sortie des ronces, puisque Choupie n'ira à l'école que le matin (l'après-midi étant principalement consacré à la sieste qu'elle ne fait pas) et que pour des raisons principalement économiques, nous avons fait le choix de ne plus la faire garder. Je compte sur son autonomie nouvelle de petite fille pour réussir à travailler quand même, mais évidemment je ne vois pas trop où caser le blog dans ce contexte. Pour moi, la priorité doit toujours aller à mes enfants et je ne veux pas prendre le risque de les négliger pour poursuivre une aventure bloguesque qui, comme je l'ai dit plus haut, commence de toute façon à tourner en rond.

Bien sûr, puisque ces raisons temporelles sont prépondérantes, je serai sans doute aussi contrainte de réduire me commentaires sur les autres blogs. J'ai déjà un peu commencé, vous avez dû vous en apercevoir. Je vous lis (et vous lirai !) encore mais commenter chez toutes les copines me demande vraiment énormément de temps, du coup je fais des impasses, pour ne commenter (quand j'y arrive !) que les articles qui me font vraiment beaucoup réagir... Pour autant je ne quitte pas la blogo. J'ai toujours dit que malgré son homogénéité socio-professionnelle qui vire un peu parfois au snobisme, ses mêmes thèmes cent fois remâchés et ses débats sans fin souvent fatigants, c'était un formidable vecteur d'ouverture d'esprit et je le pense encore.

D'ailleurs, je ne quitte pas la scène sans réticence ni regret. Déjà, parce que j'ai toujours eu besoin d'écrire. Dès que j'ai su écrire, j'ai écrit. A 6 ans j'écrivais déjà des poèmes. A 9 de courtes histoires. A 12 une saga. A 15 des nouvelles et des (débuts de) romans. A 18 mon premier blog. Je n'ai jamais vraiment cessé d'écrire, et je ne sais pas si je réussirai à arrêter. Je crains aussi de perdre ce "style" forgé au fil des années, cette aisance au clavier qui n'a rien d'inné. Et puis je suis blogueuse depuis tellement longtemps (dix ans, donc) que cela fait partie de mon identité. C'est ma principale passion, un pan très important de ma vie. Je ne sais pas bien qui je deviendrai si j'arrête de bloguer, et je dois reconnaître que cela me fait un peu peur...

Tout ce que je sais, c'est que je ne m'ennuierai pas ! J'aurai mon travail et mes enfants, qui devraient (comme je le disais) occuper à peu près 99% de mon temps. Et puis si par miracle je me retrouve un jour les mains libres, sans choses plus urgentes à faire, sans mari contre lequel me lover pour juste profiter de sa présence (rare), je pourrai lire, par exemple. Cela fait des années que je ne lis plus du tout (allez, un roman et deux BD par an ?) et j'en ai franchement honte eu égard à mes études littéraires et à mon diplôme "métiers du livre". On me mettrait aujourd'hui dans une librairie, je serais paumée ! Embêtant pour quelqu'un qui aspire toujours à devenir libraire (à mon compte) un jour !

Et cela est aussi préjuciable pour ce fameux "style" que je me targue de posséder. Au début de ma carrière d'écriveuse, il se nourrissait de façon flagrante de mes nombreuses lectures. Je continue à lire beaucoup sur Internet, mais ce sont du coup des écrits non professionnels, qui ne m'apportent pas autant en termes de vocabulaire, de syntaxe et de diversité (mon mari me dit que je suis devenue kikoolol à force de ne lire que des blogs... c'est un peu exagéré, mais pas si faux).

Et puis sait-on jamais, je pourrai peut-être utiliser ce style renouvelé pour écrire à nouveau de la fiction (mon rêve secret... et celui de mon mari, qui m'a connue novelliste et a vu d'un mauvais oeil ma reconversion dans le blog) ou pourquoi pas me lancer dans des pamphlets politiques comme j'en avais le désir... (J'ai cependant conscience que tant que les filles seront petites, ce sera compliqué...)

Moins ambitieusement, je pourrai aussi (enfin !) suivre ces émissions de télé débiles que j'adore et qui ces derniers temps ne me servaient plus que de fond sonore pendant que j'écrivais sur mon blog ou sur ceux des autres. Je suis incapable de vous dire qui a gagné Top Chef ou The Voice ces deux dernières années, je n'ai rien suivi ! Ou alors je pourrai juste glander sans culpabilité...

Julia disait dans son message d'adieux qu'elle ne voulait pas écrire un couplet sur tout ce que le blog lui avait apporté, les relations avec les lectrices formidables, les amitiés virtuelles et à quel point ça l'avait enrichie, et j'avais trouvé ça aussi un peu dur pour nous, ses lecteurs. Mais à présent que je suis à sa place, je comprends aussi qu'elle voulait éviter de tomber dans le cliché et le sentimentalisme et je reconnais que je n'ai pas très envie de me lancer là-dedans non plus. Bien sûr que vous m'avez apporté énormément, bien sûr que je vous serai toujours redevable de m'avoir confortée dans mes convictions, consolée quand ça n'allait pas fort, fait progresser dans mes réflexions... mais je ne suis pas sûre qu'une poignée de mots serait suffisante pour évoquer tout cela de façon juste et exhaustive.

Pour ceux qui voudraient suivre nos aventures, puisque maintenant vous êtes un peu des amis de la famille, je garderai de toute façon Instagram, que je ne me vois pas du tout arrêter pour le moment. Je passerai peut-être mon compte en privé bientôt, par contre. J'ai l'impression que la grande époque de l'Instagram libre et assumé est révolue, que maintenant il n'y a que les inconcients qui ont un compte public. Tout se perd ma bonne dame et il n'y a plus de saison. Et puis qui sait, peut-être que quand les enfants seront plus grands, et que j'aurai plus de temps et plus d'idées, j'ouvrirai un nouveau blog. Ou je retournerai sur celui-ci, que je compte laisser en ligne et en libre accès. On verra.

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En attendant je vous souhaite bon vent à tous et vous dis à bientôt (peut-être) (j'espère) dans d'autres lieux. Je vous embrasse fort. 

Posté par Chat-mille à 23:34 - - Commentaires [31] - Permalien [#]
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