Choupie-chat, Papa-chat, la vie et moi...

16 janvier 2017

When life gives you lemons...

Je m'excuse à l'avance (mon blog est de moins en moins chiadé, voilà que je me mets à m'excuser au lieu d'en venir directement au sujet), cet article n'entrera certainement pas dans ma thématique habituelle (le summum du non-chiadage : ne pas respecter sa ligne éditoriale).

On va dire que je vous prépare au passage vers le blog politique (en vérité, je ne sais toujours pas si ce blog verra un jour le jour... et j'envisage même de le garder secret pour mes lecteurs habituels... oui, je sais, ce serait non seulement cruel et en plus totalement contre-productif pour moi, parce que je serais beaucoup moins lue, mais j'ai un peu peur de ce que je pourrais écrire, je ne voudrais pas qu'on pense que la respectable mère de famille a viré Staline) (alors que j'ai toujours été un peu Staline au fond de moi, c'est juste que je n'ai pas trop eu l'occasion de le montrer).

Même si ce billet-là ne parlera pas (ou presque pas) de politique. Mais pas (ou presque pas) de maternité non plus.

Bref, venons-en (enfin !) aux faits. Je ne voulais pas écrire d'article bilan. Mon premier article de l'année n'a pas été un article bilan. Et c'est un peu bête d'écrire un article bilan de 2016 après avoir déclaré la saison 2017 du blog ouverte, non ? Mais suite à quelques événements récents, je crois que ça s'est imposé.

Globalement, je ne pourrais pas dire que 2016 a été une bonne année pour moi, pour nous. Souvenez-vous...

J'ai traversé des périodes de grosse déprime/remises en question, et elles ont aussi affecté ce blog, qui a été mis à jour de façon très très irrégulière cette année (cf. le come back du come back du come back) (désolée encore).

J'ai été hospitalisée plus longtemps que tous mes séjours à l'hôpital dans ma vie entière cumulés (en comptant mes premiers jours de vie, quand j'étais à la maternité avec ma mère, et les premiers jours de vie de Choupie, quand j'étais aussi à la maternité avec ma mère - ma mère est partout). J'ai été hospitalisée deux fois, trois jours et deux semaines, et je ne sais pas bien comment j'ai survécu à cet enfermement prolongé.

Choupie aussi a beaucoup souffert de cette période, et sa peur de l'abandon a perduré de nombreux mois après mon rétablissement...

Nous avons eu énormément de soucis avec nos voitures : des pannes fréquentes, un vandalisme régulier (dégradations, vols, siphonnages... la banlieue dijonnaise, pire que le 9-3), pour finir par le décès de l'une des deux (RIP Twitwi grise).

Conséquemment, nous avons eu des soucis financiers, des découverts vertigineux, une quantité non négligeable de notre épargne partie en fumée, et nous avons même dû contracter un prêt sur cinq ans pour racheter une voiture suite au décès évoqué ci-dessus (moi qui pensais que mon premier prêt serait pour acheter une maison...). 

Un des sites sur lesquels je travaille a vu son rythme de publication divisé (presque) par deux, et ça m'a énormément affectée, parce que je m'y étais beaucoup investie (pas d'inquiétude cependant pour mon temps de travail - je sais que vous vous inquiétez - j'ai été réaffectée sur d'autres missions).

Des personnes proches de moi ont également vécu des moments (très) difficiles cette année, et même si ça ne me concernait pas directement, il serait faux de dire que ça ne m'a pas touchée aussi. 

Alors voilà, c'est humain, on cherche une logique. Et elle était toute trouvée : 2016, année pourrie.

Ce qui semblait d'ailleurs confirmé mondialement par les morts de célébrités à répétition (bon, perso, je m'en tamponne pas mal le coquillard, des célébrités, mais faut avouer que c'était effrayant !), les attaques terroristes qui se multipliaient un peu partout, la guerre abominable en Syrie, la crise des réfugiés qui a fait douter beaucoup de personnes que l'être humain était capable d'altruisme et de compassion (mieux valait ne pas trop traîner sur Facebook en 2016, à moins de vouloir absolument perdre toute foi en l'humanité).

2016, à rayer donc d'un grand trait rageur, pour se consacrer à l'avenir lumineux que promettait 2017. Non parce que moi aussi, j'y ai cru. Moi aussi j'ai dit à tout le monde : "Bonne année, elle ne peut pas être pire que la précédente !" C'est vrai, c'était évident. La récompense après toutes ces épreuves. La preuve que notre détresse n'avait pas été vaine. Il FALLAIT que 2017 soit meilleure que 2016, c'était écrit dans les astres.

Et puis, 2017 a commencé, et elle a amené avec elle son lot de désillusions.

En 2017, des gens sont toujours morts en Syrie. De plus en plus, même (de plus en plus de gens, pas de plus en plus morts, ça c'est compliqué).

En 2017, Choupie m'a fait la peur de ma vie, il y a eu une nuit épouvantable où j'ai cru la perdre (en fait, elle avait juste des frissons à cause de la grippe... oui mais voilà, la grippe, moi je l'ai jamais eue, alors je voyais juste une petite fille de 2 ans qui tremblait sans s'arrêter dans son sommeil...).

En 2017, les problèmes de mes proches ne se sont pas miraculeusement arrangés. De nouveaux se sont même ajoutés à la liste.

En 2017, la situation des blogs dont je m'occupe et auxquels, je le rappelle, je me suis énormément attachée en plus d'un an et demi, ne s'est pas améliorée, loin de là. Des décisions extrêmement dures ont été prises, et ce serait un euphémisme de dire que ça m'a touchée. Non, ça m'a mortifiée.

En 2017, j'ai eu des insomnies terribles, les yeux bouffis de larmes, des sanglots à n'en plus finir.

... et attendez, on n'est que mi-janvier ! Comment une année qui démarre à ce point sur les chapeaux de roue de la poisse et de la désespérance pourrait être l'année tendre et joyeuse qu'on nous promettait ?

Et puis j'ai compris. Voilà, j'y ai bien réfléchi, et ma conclusion est sans appel : c'est du pipeau, cette histoire d'année qui serait bonne ou mauvaise. Et je me suis demandé comment moi l'hyper rationnelle j'avais pu me laisser embobiner par ces croyances de bonnes femmes (ou de bonhommes, parce que merde, marre aussi d'être traitées comme des créatures simplettes et mystiques par nature, je suis sûre que beaucoup de bonhommes ont aussi sacrifié des souris blanches vierges sur des autels en cailloux, nus dans un bois un soir de pleine lune, pour que 2017 soit plus clémente). 

De toute façon, c'était en conclure ça, ou déclarer que 2017 serait aussi fondamentalement pourrie et aller chercher une corde pour me pendre.

Non, 2017 ne nous apportera pas que des malheurs et des déceptions (même si politiquement, j'avoue que c'est mal parti) (rappelez-vous, moi je suis plutôt Staline) (et pas pour le côté dictateur, hein) (non parce que si on veut un dictateur, on devrait être servis, pour le coup).

2017 devrait au contraire nous apporter un immense bonheur avec la naissance de notre seconde fille. Oui, les crevasses aux seins, les sutures au périnée, les cernes jusqu'au menton, je les veux et je les prends, juste pour sentir la chaleur de ce petit être magiquement créé avec l'homme que j'aime tout contre moi. Comment pourrais-je déclarer pourrie l'année de naissance d'un de mes enfants ? 

Et par voie de conséquence, non, 2016 n'a pas été l'année cataclysmique que je vous ai dépeinte. Pas pour nous en tout cas (en Syrie, je veux bien croire que si...).

En 2016, Choupie a (encore : c'est fou ça, non ?) grandi. Elle a fêté ses 2 ans et est devenue une petite fille fascinante, pleine de finesse, de gaieté et de gentillesse. Elle a monté sa propre crèche à la maison avec ses 18 bébés en plastique et s'est montrée plus drôle et câline que jamais.

En 2016, en août, il s'est passé quelque chose d'incroyable. Je suis tombée enceinte. Sans même essayer. Je suis tombée enceinte, et le bébé s'est accroché.

En 2016, nous avons vu trois fois ce bébé à des échographies. La première nous a appris que son petit coeur battait. La deuxième que son petit corps était tout bien formé. La troisième que c'était une autre petite fille.

En 2016, j'ai senti les premiers petits coups de ce bébé dans mon ventre, et c'était aussi émouvant que la première fois pour Choupie. Beaucoup de choses changent pour la seconde grossesse, mais pas ça.

En 2016, je ne suis pas la seule à avoir eu une bonne nouvelle.Toutes les personnes de mon entourage virtuel l'ont constaté : il y a eu un baby boom de folie chez les blogueuses. Presque chaque semaine une nouvelle annonce, que ce soit de grossesse ou de naissance (il y a même un bout de chou qui est né le jour de mon anniversaire !). Et à chaque fois je me suis réjouie, à chaque fois ça a été une joie que j'ai partagée sincèrement avec la future ou nouvelle maman.

En 2016, j'ai aussi eu l'immense bonheur d'apprendre que j'allais être tata pour la première fois, que mon bébé en formation allait avoir un cousin (ou une cousine !) qui aurait son âge, à trois mois près. Et même si ma soeur a beaucoup moins galéré pour avoir son premier bébé que moi pour avoir Choupie, même si c'était un peu injuste, j'ai trouvé ça juste génial.

Ah, et puis en 2016, mon autre soeur a aussi fait la fierté de toute notre famille en réussissant du premier coup son concours de police, aux 150.000 épreuves dignes des Travaux d'Hercule, qu'elle a toutes validées brillamment.

En 2016 enfin, j'ai eu énormément de preuves d'amour, d'affection ou d'amitié. Mon mari m'a fait un bébé (oui, bon, d'accord, ça vous l'avez compris, ok ok...). J'ai rencontré des stars de la blogo aussi géniales en vrai que sur la toile (Franfran et Pierre, Fleur, A dada et au dodo, Colombe et Petit O', Hermy et Choupi - bon, eux c'était en 2017, mais comme c'était le 1er janvier, on va dire que ça compte pour 2016). J'ai vu mes amies d'enfance, mes amies à la vie à la mort, et même plusieurs fois dans l'année malgré la distance géographique. Je me suis plus que jamais sentie à ma place aux côtés des chroniqueuses de "mes" sites, et elles m'ont fait une super suprise pour Noël.

Du coup voilà, désolée les gars (et les filles : ça va dans les deux sens, la chasse au sexisme, hein !), mais y'a pas de logique cosmique (spéciale dédi à la cacahouète) qui régit les années. Chaque année brasse son lot de bonnes et de mauvaises nouvelles. Oui, c'est un peu déprimant de se dire que cette année encore, on aura des soucis financiers, professionnels, médicaux, existentiels... Mais quand la vie nous donne des citrons, il ne tient qu'à nous d'en faire de la limonade.

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(Oui, je sais, ce sont plus des cerises bizarrement jaunes que des citrons, mais c'est ce que j'ai trouvé de plus ressemblant chez moi...) (Merci A dada et au dodo de les avoir données à Choupie, au passage !)

Alors 2017, petite année, même si tu n'es pas (du tout) celle dont je rêvais, viens, je t'accepte comme tu es. Et je suis sûre qu'à ta manière, tu seras aussi formidable que 2016.