Choupie-chat, Papa-chat, la vie et moi...

21 mars 2017

Grossesse light

Quand on me demandait comment s'était passée la grossesse de Choupie, j'avais l'habitude de répondre : "Très mal de mon côté, sans problème pour Choupie". En effet, d'un point de vue bébé-centré, j'ai toujours eu l'impression que j'avais été une grosse chanceuse pour Choupie. A aucun moment on ne lui a trouvé un truc grave, à aucun moment on ne m'a inquiétée outre mesure, elle est née à terme, relativement rapidement (douze heures, mais je ne partais pas optimiste, alors j'ai trouvé ça super) et en parfaite santé. C'est déjà pas mal, et je m'en contentais très bien. Jusqu'à ce que je découvre ce que c'était qu'une vraie grossesse idéale.

Pour Choupie, je ne saurais dire combien d'échographie j'ai eues. Sûrement une bonne dizaine, liées à différents soucis que l'on m'a trouvés (ou pas).

Il y en a eu une aux urgences, à 6SA, la veille de mon mariage, parce que je perdais du sang (en bonne quantité). Il s'est avéré que ce n'était pas grave, des "règles anniversaires" selon toute probabilité. Mais j'ai quand même dû faire une mini crise aux urgences pour avoir mon écho ("Ça arrive, ce n'est probablement rien, et si c'est une fausse-couche, on ne peut rien faire à ce stade. Vous voulez quand même faire une échographie ?" "Oui s'il vous plaît. Si je fais une fausse-couche la veille de mon mariage, j'aimerais être au courant.").

Puis il y a eu la première officielle, à soi disant 12SA qui m'a appris que mon aménorrhée ne correspondait pas à mon aménorrhée, que j'avais trois bonnes semaines de retard pour la conception par rapport à la date de mes dernières règles. Puis il y a eu la bonne, aux vraies 12SA.

Il y a eu celle des 22SA, qui a trouvé un kyste au niveau du cerveau (super rassurant...). Et une de vérification une semaine plus tard au CHU, où le kyste était douteux. Je me demande même s'il n'y en a pas eu une autre, pour confirmer que le kyste était en fait inexistant. Pour toutes les premières (6, 9, 12, 22 et 23/24), j'ai eu droit à un petit passage endo-vaginal, car Choupie était mal positionnée et on voyait mal. C'était pour moi devenu la normalité. A partir de ce moment, j'ai dû abandonner toute velléité de me faire suivre en cabinet privé, et j'ai été suivie à l'hôpital.

A 32SA, Choupie était un peu petite mais parfaite. Puis à la visite de contrôle suivante, ma hauteur utérine n'était pas satisfaisante, alors j'ai eu droit aux monitorings réguliers et aux échographies pour détecter un éventuel retard de croissance. Une toutes les deux semaines environ, jusqu'au terme. A partir de ce moment, c'est une gynécologue et plus une sage-femme qui s'est occupée de mon suivi. Mais aucun retard n'a été identifié formellement, et Choupie est née une semaine avant terme, en pesant 2,8 kilos. 

Entre-temps, on m'avait aussi dit que Choupie était trop basse et pesait sur mon col. A partir de 6 mois de grossesse, j'ai donc dû éviter de prendre la voiture, limiter les déplacements, ne rien porter d'un peu lourd. D'autant plus que j'avais quelques contractions. J'ai d'ailleurs dû prendre du spasfon en systématique, plusieurs fois par jour, toute la fin de ma grossesse. 

Ah et puis j'allais oublier le streptocoque. Cette charmante petite bactérie détectée à 7 ou 8 mois de grossesse qui m'a obligée à me faire perfuser des antibiotiques avant et pendant mon accouchement...

Ca paraît beaucoup mis bout à bout, mais je vous assure que sur le coup, ce n'est pas ce que j'ai pensé. Je n'ai pas pensé que c'était vraiment pas de bol, que ma grossesse était maudite. Je crois que j'avais l'impression que tous ces petits rebondissements, c'était pour tout le monde pareil.

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N'ayant pas réussi à obtenir de mon mari une seule photo potable de moi actuellement malgré plusieurs tentatives, je vous mets une photo datant de la grossesse de Choupie, à peu près au même stade. Faut juste m'imaginer avec 20 cm de cheveux en moins et le triple de ventre.

Et puis il y a eu cette grossesse. 

Pour cette grossesse, je n'ai eu que quatre échos. Une aux urgences à 6SA (ça ça n'a pas changé) parce que je vomissais, mais en plus de me dire que tout allait bien, les internes ont eu la bonne idée de dater la grossesse au passage, ce qui fait que j'ai pu prendre mon rendez-vous pour l'écho des 12SA à 12SA (en dépit des quelques semaines de retard que j'avais une nouvelle fois).

Écho qui s'est révélée parfaite. 

La suivante a donc été celle des 22SA. Parfaite également. 

Et la dernière celle des 32SA qui, sans surprise, était aussi parfaite !

Aucune échographie endo-vaginale à part la première (mais c'était obligé compte-tenu du terme), et j'ai donc pu faire tout mon suivi échographique du début à la fin en cabinet privé... je ne savais même pas que c'était possible !

A part ça, ma hauteur utérine plaît à tout le monde, mes quelques contractions n'inquiètent personne, et notre deuxième minette est parfaitement positionnée, ni trop haut (faudrait pas qu'elle soit en siège non plus !) ni trop bas. Mes rendez-vous mensuels sont des promenades de santé, où on me dit toujours que tout va bien (bon, OK, on m'a un peu cassé les pieds sur mon poids et insinué que je faisais peut-être du diabète... mais ça s'est révélé pure médisance : mes vingt kilos de pris, ce sont des purs kilos de grossesse, ou de grosseur, mais en tout cas mon pancréas n'a rien à voir dans l'histoire !). Je serai donc suivie uniquement par une sage-femme, jusqu'au bout.

Je me suis arrêtée de travailler à 7 mois et demi, le jour de début de mon congé maternité officiel. Fatiguée, un peu douloureuse parfois, mais globalement en forme ! Je sais que j'aurais (probablement) pu pousser plus loin, mais je profite aussi de ce moment de repos, de cette période de calme avant la tempête ! 

Je n'ai fait aucun monitoring jusque-là, et je crois bien qu'il n'est pas prévu qu'on m'en fasse avant l'accouchement. Et on ne m'a pas encore parlé de prélèvement vaginal. Ça viendra peut-être avec mon dernier rendez-vous de suivi, mais si tel est le cas, je crois que le ciel m'est assez favorable en ce moment pour me dispenser aussi de streptocoque. 

Après les premières semaines très compliquées, je ne fréquente donc plus l'hôpital que pour le strict minimum, à savoir mes rendez-vous mensuels avec la sage-femme. Enfin presque : mercredi, j'ai un entretien pour la salle nature. Je n'ai pas bien compris le but, je crois que c'est une sorte d'entretien de motivation, qui sert aussi à vérifier que je n'ai aucune contre-indication à un accouchement peu médicalisé. J'y vais donc la fleur au fusil, avec mon bébé quasi sorti de la période de prématurité, bien positionné, au poids tout à fait normal et qui n'a (presque) jamais posé le moindre souci à sa maman.

(Ajout post-entretien : en effet, aucun problème, je suis acceptée haut la main, on m'a même dit qu'on avait créé cette salle pour moi !) (Merci merci, fallait pas...)

A côté de ce bilan idyllique, que d'examens, que de rebondissements et que d'inquiétudes pour Choupie (le tout sur fond de vomissements jusqu'à la veille de l'accouchement, quand je n'en ai plus aucun depuis plusieurs mois) ! Le parallèle est assez saisissant. Ce bébé, quand il ne me met pas des coups dans les côtes ou ne me hoquette pas dans le bassin, il me fiche tout de même une paix royale (merci à tous pour vos souhaits de grossesse cool, je suis sûre qu'ils y sont pour quelque chose !), et le reste du monde aussi.

C'est vrai, tout le monde semblait très préoccupé de ma première grossesse. Ma famille et mes amis me demandaient de mes nouvelles régulièrement, s'intéressaient de près au bébé et à mon état de santé. OK, c'est peut-être parce que j'allais franchement mal physiquement (et psychologiquement). Mais au-delà de cela, il me semble tout de même que l'intérêt a baissé d'un cran.

C'est tout juste si ma famille me réclame une photo quand j'ai oublié d'en envoyer suite à une échographie (j'en ai eu seulement trois en sept mois, pourtant, pas de quoi être blasé !). C'est tout juste si mes amies se souviennent que je suis enceinte quand elles demandent de mes nouvelles (du coup je pense que ça leur fait un petit choc de me voir si grosse quand elle m'ont en face d'elles).

D'ailleurs, à part si elles débarquent demain chez moi avec un gâteau de couches, je crois bien que l'idée d'une baby shower comme lors de ma première grossesse ne les a pas effleurées (ce n'est pas grave, hein, et si j'en voulais vraiment une, j'aurais bien pu l'organiser moi-même, mais je me dois de le noter dans les différences) (de toute façon, c'est vrai que ça me gène un peu d'être tout le temps au centre de l'attention, parce que je me marie, parce que je suis enceinte, parce que je suis encore enceinte... je comprends qu'elles en aient un peu marre) (promis après cette grossesse, j'arrête, et j'organise les enterrements de vie de jeune fille et les baby showers des autres, je ne rêve que de ça !).

Pour autant, je ne dirais pas que cela m'attriste. Moi-même je parle peu de cette grossesse (sauf ici, mais c'est un blog maternité, what did you expect ?). Moi-même j'oublie souvent que je suis enceinte (même si ça devient de plus en plus dur, parce que mon ventre et sa petite occupante se font de plus en plus présents) (dit-elle en cherchant désespérément une position où elle ne se ferait pas labourer un organe X ou Y) (cette tournure est très ambiguë). Moi-même j'ai souhaité que ma grossesse tienne le moins possible de place dans ma vie et passe comme dans un rêve.

Alors pour vivre heureuses enceintes, vivons cachées ? Peut-être bien. Prends le temps de grossir et de grandir bien au chaud dans mon ventre petite minette (à qui je n'ai toujours pas trouvé de nom de blog). Et quand tu sortiras, tu bouleverseras de toute façon notre monde, comme vous le faites à chaque fois...