J'ai adoré mon séjour à la maternité. Honnêtement. Je n'avais jamais été hospitalisée auparavant, et si j'ai fait connaissance avec la fameuse "bouffe d'hôpital" (et je ne sais pas si le fait d'être végétarienne m'a avantagé -rien de pire qu'une mauvaise viande dans une mauvaise sauce- ou au contraire handicapée plus encore -du coup, je n'avais aucun assaisonnement avec rien, juste des légumes et féculents insipides), je ne regrette pas du tout les quatre jours que j'y ai passés. Oui, quatre, alors que la normale est trois dans cet hôpital. Moi j'ai demandé un jour de rab, pour être sûre de tout bien maîtriser. Même si cette histoire nous a coûté bonbon -aucune des deux mutuelles que je cumule n'ayant le bon goût de rembourser les chambres individuelles en maternité-, je pense que ça en valait le coup. Les personnes qui m'ont suivie tout au long de mon séjour ont toutes été adorables avec moi, à l'exception peut-être du sage-femme chargé de surveiller l'avancée du travail lors de mon accouchement et d'une ou deux auxiliaires de nuit. Suite à la rupture de ma poche des eaux, j'ai été accueillie aux urgences par une sage-femme adorable, suivie en pré-travail par une sage-femme adorable, accouchée et délivrée par une sage-femme et une auxiliaire adorables, suivie en suites de couches par trois sages-femmes adorables et mon petit chat a été aux bons soins d'au moins quatre auxiliaires adorables. J'ai rempli à la fin du séjour une feuille d'évaluation où j'ai mis "satisfaite" ou "très satisfaite" partout... sauf pour la bouffe, faut pas non plus déconner.

Mais la maternité a tout de même un effet pervers. Elle ne se cache pas de tout faire pour favoriser le lien maman-bébé. Probablement pas envie d'avoir à appeler les services sociaux lors d'un accouchement sur trois. Du coup, à peine sorti, on te colle ton môme hurlant contre toi. Peut-être que d'autres mômes cessent alors de hurler, mais la mienne a continué. On parle souvent du "premier regard" et de son intensité. Moi je ne l'ai pas capté, elle criait trop (comme ça j'ai l'air vachement détaché, mais en vrai, si on ne me l'avait pas donné tout de suite, mon bébé pour qui j'avais tant souffert, j'en aurais fait une crise). Puis c'est au tour du papa de l'avoir un peu le temps qu'on s'occupe un peu de ton intimité dévastée. Puis de nouveau, on te le passe. Et pour peu que Maman veuille allaiter, direct au sein, le bébé tout frais sorti. Enfin, on le met dans un berceau (transparent, le berceau, c'est important) et on vous amène tous deux dans votre chambre commune où vous passerez quatre jours à vous regarder dans le blanc des yeux H24, lui dans son berceau transparent, toi dans ton lit collé au berceau transparent.

La véritable scission du cordon, elle a lieu lors du retour à la maison. Déjà Papa est là pour s'en occuper. Genre seul. Genre sans que tu le surveilles d'un œil méfiant depuis ton lit de douleurs. Et puis Bébé a sa chambre, Au mieux (ou au pire), Bébé a votre chambre. Toujours est-il, que ce soit la vôtre ou la sienne, que tu n'y es plus à longueur de journée. Personne ne t'y apporte de plateaux-repas, tu ne peux plus surveiller ton petit quand tu fais pipi (porte grande ouverte évidemment, sait-on jamais que tu n'entendes pas ses cris -3 mètres vous séparent- ou, pire, que quelqu'un entre et le vole -auquel cas, malgré ton périnée défaillant, tu serais prête à bondir du trône pour aller sauver ton enfant), alors quand bébé dort, il faut fermer la porte et continuer sa vie.

Et puis des fois notre petit, notre tout petit bébé s'endort tout contre nous au cœur d'une activité passionnante... et même si on râle un peu parce que "décidément, cet enfant démoniaque ne dormira jamais dans son lit", on est bien contente de l'avoir à portée de vue pour veiller sur lui et contrôler sa petite respiration tranquille...

choupie-dodo