Bien avant que j'aie moi-même un bébé, quand on me demandait l'âge que je préférais chez un enfant, je répondais 2 ans. A l'époque, je ne connaissais évidemment pas ce qu'on appelle le terrible two, c'était juste une question de mignonnerie.

Un petit de 2 ans, c'est un gros bébé ou un enfant miniature. Ça trottine sur ses pattes courtes, ça baragouine du presque français, mais ça a encore des joues toutes rondes et une silhouette potelée. C'est actif comme un enfant, fusionnel comme un bébé. Bref, vu de l'extérieur, c'est juste à croquer. Quand je m'imaginais avec un enfant, c'était ça que je voyais : un bambin de 2 ans. Ni trop grand (ça fait bizarre de s'imaginer d'emblée avec un pré-ado), ni trop petit (dans le genre flippant, un nourrisson, ça se pose là).

Et il y a quelques semaines, une évidence m'a frappée de plein fouet : Choupie-chat allait avoir 2 ans. Elle est à présent plus proche des 2 ans que des 18 mois. En septembre, elle pourrait intégrer une toute petite section (mais elle ne le fera pas, je vous me rassure) (enfin, y'a peu de chances) (c'est malin, maintenant je regarde les écoles et je me demande si je ne devrais pas l'inscrire) (ils vont en TPS, vous, vos enfants ?). Son deuxième anniversaire est dans moins d'un mois et demi. Il me semble pourtant que c'était hier qu'elle soufflait sa première bougie (enfin, que je la soufflais pour elle).

Et effectivement, quand je la regarde, elle ressemble à l'idée que je me faisais d'un enfant de 2 ans. C'est une petite fille miniature aux courtes pattes et aux bonnes joues, affectueuse et rieuse, absolument mignonne à croquer.

choupie-sourire

Et ce n'est peut-être pas politiquement maternellement correct, mais je crois que je n'ai jamais tant aimé ma fille que depuis qu'elle a cet âge-là. Bon, ok, "aimer" n'est peut-être pas le bon mot. Je l'ai toujours aimée à l'infini, et c'est dur d'aimer plus que l'infini. Disons que j'ai vraiment l'impression d'avoir une vraie relation intéressante avec elle et d'en profiter au maximum.

Quand elle part chez sa nounou, elle me dit "Au revoir !" en agitant la main. Quand elle rentre de chez sa nounou, elle vient me faire un câlin. Quand nous allons faire un tour toutes les deux, elle me tient la main dans la rue (ou comble de la mignonnerie : elle tient ma main d'un côté et celle de son papa de l'autre côté). Quand elle me croise dans la maison, elle me dit : "Coucou petite Maman !". Quand je la prends dans mes bras, elle pose sa tête contre ma poitrine et me serre fort. Un bébé, ce n'est pas d'office interactif et affectueux. Pendant de longs mois, ça se contente de vous observer, de satisfaire à ses besoins, de jouer parfois, mais ça n'a pas de "vrais" gestes tendres pour vous. Quand ils arrivent, ça fait du bien !

Et puis, c'est une petite fille pleine de vie. Elle court, elle saute, elle danse, elle lance des objets, elle chante, elle crie à pleins poumons et elle rigole comme une baleine. Elle fait plaisir à voir, cette enfant, elle embellit notre quotidien. C'était déjà le cas avant, bien sûr, mais ce n'était pas aussi fort, pas aussi intense. Avant, elle nous réconfortait passivement, par son côté petite chose fragile, chaude et belle. Maintenant, c'est un vrai clown.

J'aime aussi le fait de pouvoir faire plein de choses avec elle. Des dessins, de la pâte à modeler, des collages, des puzzles... Les possibilités sont infinies ! Avant, j'appréhendais un peu de rester seule avec elle, j'avais peur de m'ennuyer (on n'est jamais vraiment inoccupée, avec un bébé, mais on peut s'ennuyer faute de stimulation intellectuelle). A présent, je sais que je n'aurai jamais assez d'heures devant moi pour épuiser tout ce que je pourrais lui faire faire, lui montrer, lui apprendre.

Enfin, je suis vraiment heureuse de la voir développer son autonomie. C'est une notion à laquelle je suis très attachée, l'autonomie. On essaie au maximum de laisser Choupie faire, depuis toute petiote, même si ce n'est pas évident. Moi par exemple, je supporte mal l'échec. Alors la voir galérer pour mettre une chaussette, j'ai du mal. Mais je me retiens, je l'encourage et je me réjouis de tous ses progrès dans l'acquisition des gestes quotidiens. Pas parce que je suis une grosse feignante qui veut en faire le moins possible (concrètement, les choses vont beaucoup plus vite quand on fait à sa place !!), mais parce qu'une vie où on peut faire les choses soi-même, c'est une vie moins frustrante et plus libre. Et c'est ce que je veux pour elle.

Pour toutes ces raisons, je crois bien que 2 ans est mon âge préféré. Plus uniquement dans l'absolu, comme avant d'avoir un enfant, mais avec la confirmation de l'expérience. Est-ce mettre la charrue avant les boeufs que de dire que mon âge préféré est celui de ma fille, avant d'avoir testé les autres ? Peut-être. Mais je me souviens aussi de ce billet de Marjoliemaman où elle parlait de son âge préféré à elle, maman expérimentée, et ça me conforte dans mon idée qu'on peut en avoir et que ça peut être celui-ci. Ça ne veut pas dire que j'aimerai moins ma fille quand elle sera plus vieille (je l'aimais à l'infini avant et je l'aimerai à l'infini après), je trouverai peut-être juste la période moins magique.

Bref, il faut que j'en profite, de ces 2 ans. Que je ne me laisse pas pourrir toute cette magie par le terrible two. Et je pense que j'y arrive bien. Je peux tout à fait passer outre les moments de moins bien pour me concentrer sur les moments de bien (Choupie ayant l'extraordinaire capacité de passer des larmes au rire en trois secondes, j'avoue que ça aide). Et vous commencez à me connaître, je ne suis pas du genre à me faire passer pour une maman parfaite. Si j'avais énormément de mal, croyez-moi, je vous le dirais, je ne ferais pas semblant d'assurer.

Une question s'impose, alors : puisque ça reste supportable, Choupie est-elle vraiment dans le terrible two ? Après tout, elle n'a pas encore 2 ans. Mais d'après ce que je lis, ça commence un peu avant. Et je retrouve bien les "non" à tout-va, les colères monstrueuses, les cris perçants, les larmes à flot pour des broutilles, les refus fermes et définitifs, les "je fais mine de te taper parce que je ne suis pas contente" et "je me cache la tête dans le canapé parce que tu m'as contrariée"... Ça fait aussi partie de notre quotidien, et quand ça arrive, je me demande mille fois quelle mouche m'a piquée d'appeler cet article "L'adorable two" (oui, cet article traîne depuis un moment).

Est-ce que ça peut empirer dans les mois à venir ? Certainement. Je peux me tromper quand je dis que Choupie fait aussi son terrible two : peut-être que dans trois mois, je reviendrai ici en répétant "C'est-horrible-mais-qu'est-ce-qu'on-a-fait-au-ciel ?". Sauf que voilà, "C'est-horrible-mais-qu'est-ce-qu'on-a-fait-au-ciel ?", on se l'est déjà répété pendant toute la première année de vie de notre bébé. Et je crois que c'est précisément pour ça que le terrible two ne nous paraît pas si terrible : parce que dans notre vie de parents, on en a déjà bien bavé.

Mais pour une fois, les bons côtés sont plus spectaculaires que les mauvais.