En ce moment, je slow-blogue. Je quoi ? Je pratique le slow-blogging, vous ne connaissez pas ? C'est-à-dire que plutôt que de publier tous les deux jours (bon, ok, toutes les semaines dans mon cas), je publie tous les quinze jours. Ou tous les vingt jours. Ou tous les mois. Bon, vous l'aurez compris, il n'y a pas une grande cohérence dans mes actions. Mais le principal, c'est encore que ça ne m'empêche pas de dormir (au contraire, c'est quand je blogue que je ne dors pas !).

Et je crois qu'en ce moment, c'est ce qu'il me faut. Ma résolution 2015 était de publier une fois par semaine. Ma résolution 2016, c'est plutôt de ne pas oublier de profiter des gens autour de moi. Fin 2015, il y a eu des moments où je n'étais pas loin du burnout (maternel/professionnel/bloguesque) et je n'ai pas très envie de retomber là-dedans.

Bref, venons-en aux faits. Les nuits de Choupie. Je ne vais pas faire un résumé exhaustif des épisodes précédents, vous pouvez les trouver , ou encore là, mais en gros, Choupie et le dodo, ça n'a jamais été une grande histoire d'amour. Passés les premiers mois (la première année !) où ça pouvait encore avoir l'air normal, nous avons fini par nous résigner : nous avions hérité d'un spécimen au sommeil pourri. Mais nous ne nous sommes pas résignés (peut-être qu'on aurait dû ?) et nous avons mis en place des stratégies progressives pour que Choupie se couche de moins en moins tard et se réveille de moins en moins souvent (ou à défaut, de moins en moins longtemps).

Je crois qu'à présent, nous sommes parvenus à instaurer un rituel de sommeil relativement acceptable, et je m'en vais donc vous conter comment nous procédons et comment nous en sommes arrivés à ce résultat (car je sais bien que nous sommes plutôt une exception, mais si je peux par bonheur aider quelques parents qui galèrent aussi à coucher leur enfant...).

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Tout d'abord, il faut savoir que depuis la mise en place de notre dernier rituel, c'était Papa-chat qui gérait la partie endormissement/réveils nocturnes. Pourquoi ? Parce qu'il est du genre narcoleptique et n'avait donc aucun souci à se rendormir. Et puis aussi parce qu'il travaille souvent très tôt le matin, et que du coup, il pouvait se coucher à la même heure que Choupie sans souci.

Alors que moi, le soir, j'ai besoin de me poser pendant quelques heures avec mon ordi et/ou ma télé. Du coup, passer déjà une heure à regarder dans le blanc des yeux un bébé qui ne voulait pas dormir, ça m'enthousiasmait moyen. Je le faisais tout de même, les soirs où Papa-chat travaillait tard (oui, il fait les deux en alternance : tôt le matin et tard le soir).

Sauf que. Sauf que justement. Papa-chat est narcoleptique, et il s'endormait constamment dans le lit de Choupie en attendant qu'elle s'endorme. Et il y faisait sa nuit tranquillou. Moi j'allais me coucher seule, dans notre grand lit froid, mon mari dormant dans le lit une place de notre enfant. S'il n'y avait eu que ça, ç'aurait déjà été plutôt casse-pied.

Mais il y avait aussi les fois (deux ou trois par semaine) où je devais coucher moi-même Choupie, puisque Papa-chat travaillait. Et moi, je ne suis pas narcoleptique et je ne me lève pas à 4h30. Je restais donc avec mon bébé incapable de s'endormir seul, sans rien faire, à attendre que le temps passe en rongeant mon frein.

Et puis, quand je quittais enfin la chambre, parfois plus d'une heure plus tard, il suffisait d'un bruit pour que le bébé se réveille, se rende compte qu'il était seul et hurle à la mort pour retrouver la réconfortante présence de son parent (à ce moment, Papa-chat, rentré entre-temps, prenait le relais et allait se coucher avec Choupie). Bref, la situation était intenable.

Plusieurs fois, j'ai demandé à Papa-chat de faire un effort pour ne plus s'endormir comme une masse dans le lit de Choupie et l'habituer progressivement à rester seule dans son lit. Il m'a dit oui oui. Il m'a même fait croire qu'il "essayait petit à petit" (et mes fesses, c'est du poulet). Mais il a bien fallu que je me rende à l'évidence : rien ne bougeait d'un iota. J'allais toujours dormir seule, puisque mon bébé en était toujours parfaitement incapable.

J'ai donc pris mon courage à deux mains et j'ai décidé de coucher moi-même Choupie. Tous les soirs. Du jour au lendemain, mon mari s'est retrouvé assigné à la chambre conjugale.

Bien sûr, mon but n'était absolument pas de reproduire ce que faisait Papa-chat, mais de normaliser la situation. Coucher mon enfant à heure régulière (parce que Papa-chat était aussi trèèès libéral sur ce point). Lui apprendre à s'endormir sans contact physique avec un adulte. Et lui apprendre à ne pas se réveiller en panique quand l'adulte est parti. Que des choses normales, vous me direz. Mais qui n'allaient pas de soi du tout chez nous.

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J'ai instauré un rituel précis :

  • 19h30 : repas
  • 20h : bain
  • 20h30 : jeux calmes dans la chambre ou dans le salon
  • 20h45 : lecture sur le lit de deux ou trois (courts) albums qu'elle choisit elle-même dans sa bibliothèque
  • 20h55 : lecture du livre Le lapin qui veut s'endormir, Choupie dans son lit, Maman assise à côté
  • 21h05/21h30 : Choupie endormie, départ de la chambre pour Maman

Petite parenthèse sur le livre Le lapin qui veut s'endormir : c'est un livre que ma mère m'a offert à Noël, parce qu'il est de notoriété publique que c'est la croix et la bannière de faire dormir Choupie. C'est une histoire spécialement conçue par un psy pour endormir les enfants, en répétant toujours les mêmes mots : "envie de s'endormir", "sommeil", "très fatigué", "là, tout de suite", "doucement", "lentement", "dodo", "Bâillât", "doudou", etc.

Ce que je peux en dire, c'est que ça marche très bien sur les parents : ça donne en effet très envie de dormir et ça fait beaucoup bâiller. Sur Choupie, je ne sais pas. Parce que le but, c'est de persuader le cerveau de s'endormir avec tous ces mots liés au sommeil, mais je ne suis pas sûre qu'à son âge, elle les comprenne. Le fait de répéter toujours la même histoire, à voix très très basse (parfois presque des chuchotements, c'est dur de garder sa voix à un volume si bas !), c'est surtout ce qui fait que ça marche, à mon avis. Après, cette histoire ou une autre, je ne suis pas persuadée que ça fasse une grande différence. Mais au cas où, je n'ai pas essayé d'en changer !

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Comment résister à une étiquette si prometteuse ?

(Autre parenthèse, au cas où PerfectMum se baladerait sur ce blog à ses heures perdues : ma fille se couche tard, oui, j'en ai conscience, mais elle se lève tard aussi, entre 8 et 9h ! Et comme j'ai ce luxe de pouvoir moi aussi me lever tard, je n'ai pas très envie qu'elle sonne le clairon à 6h30 tapantes...)

Au début, ça n'a vraiment pas été facile. Ni pour moi, qui devais donc me coltiner une heure de rituel de couchage tous les soirs alors qu'avant, je regardais la télé ou je bloguais pépère (c'est peut-être aussi pour ça, maintenant que j'y pense, que je blogue moins) (la fille qui vient d'avoir une révélation), ni pour Choupie, qui a dû apprendre sur le tard à se coucher comme tout le monde.

Les premiers soirs, elle n'a pas du tout compris le principe. Je la mettais dans son lit, elle se relevait. Elle s'asseyait en me regardant d'un air perplexe, puis elle allait chougner devant la porte fermée. Il fallait la remettre au lit encore et encore, dans les cris et les pleurs parfois souvent tout le temps au début. Jusqu'à ce que, résignée et déjà bien fatiguée, elle consente à écouter mon histoire et à s'endormir.

Je pense que cette phase a bien dû durer une semaine. Mais maintenant, elle va se coucher toute seule quand je lui dis que c'est l'heure de faire dodo, avec des sourires et plein de bonne volonté, et elle ne se relève jamais. La transition a été très dure, je m'en suis beaucoup voulu de la forcer et de la faire pleurer, mais c'est quand même bien plus confortable maintenant, et je ne regrette pas qu'on ait mis ce système en place.

Il n'est pas parfait, bien sûr. Elle ne s'endort toujours pas seule, puisqu'elle s'endort pendant que je lui lis l'histoire. Ce qui serait vraiment super confort, ce serait de lui dire bonne nuit, de lui faire un bisou, de fermer la porte, et d'aller mater mes programmes télé sans avoir vingt minutes de décalage avec le reste du monde. Mais bon, nous, on part de très bas, alors on y va progressivement.

Je lis l'histoire assise à côté d'elle, pendant qu'elle est calme dans son lit. Généralement, elle s'endort au milieu. Je ferme le livre, la lumière et je m'en vais. Si ce n'est pas le cas, je continue jusqu'à la fin, et puis j'attends quelques minutes à côté d'elle en bidouillant sur mon téléphone (elle est généralement assez crevée à ce moment-là pour que ça ne la dérange pas). Tout ça prend au maximum une demi-heure, ce qui est très peu par rapport à avant. Donc je ne me plains pas, je prends cette demi-heure s'il le faut, tant pis pour le début de mon programme télé : je sais que j'en verrai quand même la majorité.

Je suis aussi très contente de nos avancées concernant les réveils nocturnes. Elle ne se réveille plus parce qu'elle est seule dans son lit, elle y est désormais habituée. On n'a donc plus à craindre le moindre bruit qu'on ferait, parce qu'elle n'a plus aucune raison de paniquer au moindre micro-réveil.

Il lui arrive quand même occasionnellement de se réveiller dans la nuit, pour des cauchemars ou autre. Elle va alors généralement pleurer devant la porte de sa chambre. Je me lève, la prends dans mes bras, la ramène dans son lit, la console et quand elle est calmée, elle réclame d'elle-même à retourner sous sa couette. Je reste encore un petit peu avec elle, et puis je m'en vais. Je n'ai pas besoin d'attendre qu'elle s'endorme complètement.

Là encore, ça ne s'est pas fait en un jour, et les premiers réveils nocturnes que j'ai gérés ont été difficiles, parce que j'étais énervée d'avoir à me lever en pleine nuit (rappelez-vous : avant, c'était Papa-chat qui gérait !) et que Choupie refusait de me laisser repartir me coucher. Il y a aussi eu des cris et des pleurs, de l'incompréhension et des réveils qui s'éternisaient, mais on y est arrivées ! Maintenant, tout le monde dort bien la nuit, chacun dans son lit, même après un cauchemar.

Le matin, par contre, elle continue à se réveiller vers 6h pour avoir un biberon (et là, si Papa-chat n'est pas au travail, je le laisse gérer, parce que zut !) et on continue à la prendre dans notre lit pour finir la nuit. Tout simplement parce que sinon, elle ne se rendormirait peut-être pas, et qu'on n'a pas envie de perdre deux ou trois heures de sommeil ! Et puis, ça ne nous dérange pas de l'avoir dans notre lit le matin (je me demande juste comment on fera quand ils seront deux... ou trois... ou quatre).

Voilà voilà. J'ai conscience que dans la plupart des familles, on se prend beaucoup moins la tête pour la nuit des enfants. Bisou, bonne nuit, tchao. C'est juste que nous, on ne sait pas faire, ni Papa-chat (surtout pas Papa-chat !), ni Choupie, ni moi. Alors on fait comme on peut.

Oui, je perds plusieurs dizaines de minutes à lui lire une histoire jusqu'à ce qu'elle dorme, alors que je pourrais juste fermer la porte. Oui, Choupie a toujours besoin que je vienne personnellement la recoucher quand elle a fait un cauchemar. Oui, on la prend toujours dans notre lit le matin. Mais ça nous va.

Je n'ai plus peur de coucher ma fille. Je sais qu'il n'y aura pas de pleurs, pas de cris, pas de conflits. Je sais qu'au maximum, je serai sortie une demi-heure plus tard et que je pourrai vivre ma petite vie, discuter avec mon mari, lire mes blogs préférés et regarder mes émissions favorites sans bébé dans les pattes.

Je n'ai plus peur non plus des réveils nocturnes. Je sais que ma fille ira se recoucher d'elle-même quand elle sera rassurée. Je sais que dix minutes plus tard au maximum, je serai recouchée.

Ça fait du bien, de ne pas vivre dans la peur, ça change. Et ça fait du bien aussi de ne plus ressentir (ou si peu) le sentiment d'incompétence de la mère qui échoue là où toutes les autres réussissent. Je me (nous !) sens enfin à peu près normale(s).

Dans quelques mois, peut-être qu'on fera différemment encore. Mais pour l'instant, ça nous paraît juste énorme, alors on en profite. Notre fille se couche (presque) normalement, mon mari dort dans notre lit, on ne pète plus les plombs après trois réveils nocturnes simultanés, tout va pour le mieux !

Et si vous aussi vous avez beaucoup de mal à coucher votre bambin (j'ai beaucoup tapé "bébé 2 ans ne veut pas dormir seul que faire" sur Google, peut-être ne suis-je pas la seule ?), je ne peux que vous conseiller cette méthode imparfaite, mais efficace !