S'il y a quelque chose que j'ai découvert avec cette seconde grossesse, c'est la sérénité. Alors oui, je sais, vous allez me dire que de la part de la fille qui a passé un mois entier dans un état d'angoisse absolu, qui est allée jusqu'à se faire hospitaliser et qui, dans son lit de souffrances, se dessinait dans une barque traversant le royaume des morts (true story), parler de sérénité, c'est un peu fort de café. 

Mais le fait est que j'ai accueilli cette grossesse très sereinement, que j'ai passé au moins deux semaines super sereines au tout début et que depuis que mes nausées sont passées, je suis un véritable maître zen. Ma grossesse progresse petit à petit, mais je n'ai pas ce sentiment d'impatience qui caractérisait ma première grossesse.

Avant, j'avais tout le temps peur que ma grossesse ne s'arrête. Pas cette fois-ci. Evidemment, l'idée m'a traversé l'esprit, plusieurs fois. Mais cette grossesse est arrivée tellement vite que je n'ai pas l'impression qu'elle est à ce point précieuse. Je suis un monstre, peut-être, de penser comme ça, et j'espère ne choquer personne. Pour Choupie, j'étais certaine qu'une fausse couche me détruirait. Pas cette fois-ci. Ma raison de vivre a 2 ans et demi, et une fausse couche ne me l'enlèvera pas. Ce n'est pas que j'aimerai moins ce second bébé, je sais que je l'aimerai de tout mon coeur quand il sera né, mais je ne ressens pas le besoin de me projeter dans cet amour absolu avant qu'il ne soit là.

Avant, j'attendais fébrilement toutes mes échographies. Cette fois, pour tout vous dire, j'ai même annulé mon échographie de datation qui était prévue à 9 semaines d'amménorhée (bon, j'étais bien occupée à cracher mes tripes, aussi). L'échographie des 12 semaines est arrivée comme une fleur, sans que je ne ronge mon frein en l'attendant. Je sais que la prochaine n'aura pas lieu avant décembre, et ça ne me dérange pas. Ce n'est que dans deux mois. Juste deux petits mois pour savoir si nous aurons une petite fille ou un petit garçon (on a bien eu un indice en attendant, mais je ne dirai rien avant que ce ne soit certain !). Je n'ai pas besoin d'autres échographies en attendant. Je n'ai aucune envie de devoir prendre une après-midi pour aller à Dijon.

Avant, je guettais chaque signe, j'angoissais de ne rien sentir. Là, je me dis plutôt : pas de nouvelle, bonne nouvelle. Non, je ne sens pas encore mon bébé (on me l'a demandé plusieurs fois). Mais pour moi, c'est juste que c'est trop tôt. Je ne suis pas encore à 3 mois de grossesse (ce sera demain, youhou). Je n'ai pas spécialement hâte de le sentir bouger, ça viendra quand ça viendra. Bon, j'avoue, il y a quelque chose qui m'aide bien à me sentir enceinte : je grossis. Beaucoup. J'ai commencé à grossir très tôt (à quelques semaines de grossesse) et j'ai actuellement le ventre que j'avais à 6 mois pour Choupie. Forcément, c'est moins angoissant que cinq mois de ventre plat. 

Avant, avril me paraissait dans une éternité. Maintenant, j'ai l'impression que ce sera demain. Je me dis qu'il faut que je me dépêche de faire toutes ces choses que je veux faire avant la naissance du bébé. Aller voir ma grand-mère, aller voir mes copines à Paris, visiter le Dino-Zoo avec Choupie, prendre des vacances tranquilles avec mon mari, rencontrer ma chef et mes collègues. Tout ça, je peux le faire avec mon gros ventre (cf. paragraphe précédent). Je ne pourrai plus le faire quand il y aura deux enfants en bas âge à la maison.

Comme je le disais à quelqu'un (désolée, je ne sais plus qui), je touche du doigt le concept de grossesse épanouissante. Pour Choupie, ces neuf mois ont été une horreur, du début à la fin. Pour ce bébé à venir, ils sont juste une parenthèse. Une parenthèse si ce n'est agréable (faut peut-être pas déconner non plus), au moins pas trop désagréable.

Tout n'est pas rose : il y a des moments de moins bien, où je me sens mal, lourde et inutile, où je déprime un peu. Mais surtout, il y a des moments, majoritaires, où je suis juste une femme normale avec un peu de bide. Et j'adore cette sensation de normalité (spéciale dédi à la copine Normale, qui nous manque). Je n'ai pas spécialement hâte que ça s'arrête (non parce que quand ça s'arrêtera, j'aurai très probablement le jardin secret défoncé et une pelletée d'heures de sommeil en retard : maintenant je sais à quoi ressemblent les fameuses "premières heures magiques avec bébé").

Et ce sentiment de vouloir juste laisser le temps au temps, je le ressens aussi avec Choupie. Je ne suis pas (plus !) pressée qu'elle grandisse. Je me fiche qu'elle parle mal (elle parle quand même de mieux en mieux !), que la propreté soit à peine acquise (tout cela est bien fragile !), qu'elle ne sache pas se servir de ciseaux et que l'école soit dans une bonne grosse année. Elle est très bien comme elle est. Elle a son intelligence, qui n'est pas forcément celle de tous les autres petits de son âge, je ne passe plus (trop) mon temps à la comparer. 

Je ne me sens pas non plus nostalgique, je ne cherche pas à la maintenir dans une posture de bébé. J'aime beaucoup cet état de grâce entre le bébé et l'enfant, même si (contrairement à ce que je disais dans l'article en lien), elle est parfois (souvent !) difficile avec nous. Ça me plaît de la voir grandir. Je suis fière de ses progrès, fière de l'autonomie qu'elle acquiert un peu plus chaque jour. Et je sais que quand elle sera assez grande pour que je puisse la laisser une journée entière à l'école (snif, émotion quand même !), j'aurai de toute façon de quoi pouponner (encore) à la maison. 

Bref, ma vie actuelle me semble parfaite, et je ne veux rien en changer. Ni accélérer le temps, ni le figer. Je veux juste profiter de chaque jour, laisser les semaines s'écouler à leur rythme, et me réjouir encore et toujours de voir évoluer doucement cette famille que j'ai tant voulue et qui me rend tellement heureuse.

2016-10-20_0001