Je vous l'ai dit, contrairement à ce que je pensais plus jeune, je ne suis plus persuadée de vouloir beaucoup d'enfants. Beaucoup plus de deux, en l'occurence. Et le début assez catastrophique de ma seconde grossesse ne m'a pas tellement mise dans de bonnes dispositions pour envisager d'en recommencer une prochainement.

Alors c'est vrai, le début de ma première grossesse avait été assez catastrophique, et j'ai pourtant récidivé. Mais pour nous, il était inenvisageable de n'avoir qu'un seul enfant (pour des raisons qui nous sont propres : je peux parfaitement comprendre le choix d'avoir un unique enfant), alors, malgré tout, je ne me suis jamais dit que c'était la dernière. (Ça ne m'empêchait pas de redouter énormément les potentielles grossesses suivantes - à raison, donc.)

Mais cette fois-ci, je ne suis pas concrètement obligée d'imaginer une prochaine grossesse. Je peux bien partir du principe que c'est la dernière. Et pour être tout à fait honnête, c'est une perspective qui me séduit énormément.

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#jauraispuêtreblogueusemode

Elle fait d'ailleurs plus que me séduire : elle me permet de mieux supporter cette grossesse. Oui, il y a des inconvénients, c'est certain, mais c'est la dernière alors bon, on supporte, on sait que c'est temporaire.

Je ne suis a priori pas hyperfertile : mes oublis de pilule réguliers n'ont jamais donné lieu à un "accident"... et j'ai quand même attendu huit mois pour concevoir mon premier enfant. Il n'y aura donc sans doute pas de petit troisième qui s'invitera à la fête sans y avoir été convié (et tant mieux). 

Alors si l'affaire est pliée, pourquoi le point d'interrogation du titre ? Parce que mon mari n'est pas aussi catégorique que moi.

Lui aussi a trouvé mes premiers trimestres épouvantables : il a eu deux fois l'impression de me perdre et était même résolu il y a peu à se faire faire une vasectomie au plus vite histoire de ne plus jamais revivre ça (bon, le souci, c'est qu'il a 26 ans, que je suis son premier amour, et que je ne suis pas sûre qu'il trouverait un professionnel prêt à pratiquer une opération définitive dans ces conditions : d'ailleurs moi-même, je ne trouvais pas ça très raisonnable).

Oui mais, il y a de fortes chances pour que ce deuxième bébé soit une fille. Déjà parce que nous avons des prédispositions génétiques (j'ai deux soeurs et un frère, et j'ai trois cousines pour seulement deux cousins, nous sommes donc six filles contre trois garçons, quant à mon mari, il a trois soeurs, et quatre nièces pour deux neveux). Et puis parce que les indices dont nous disposons vont dans ce sens... Si nous nous arrêtons là, il est donc très probable que nous n'ayons jamais de garçon. 

Or, le rêve de mon mari, depuis ma première grossesse, c'est d'avoir un garçon. C'est un peu bête (désolée mon chéri), mais il voudrait transmettre son nom (il est le seul de sa famille à pouvoir le faire, puisqu'il n'a que des soeurs, qui ont toutes donné le nom de leur compagnon à leurs enfants). Alors je sais, rien n'oblige nos filles à donner le nom de leur compagnon (ou de leur compagne !) à leurs enfants, mais bon, nous sommes plutôt traditionalistes dans la famille, alors c'est quand même l'hypothèse la plus probable.

Et puis il y a sans doute, et surtout, des raisons moins rationnelles, un désir qui vient du fond de lui-même et qui est inexplicable. Je ne le partage pas (n'avoir que des petites filles ne me dérange absolument pas), mais je le comprends (moi c'était d'une fille dont j'avais irrésistiblement envie... sauf que moi, j'ai été exaucée). Et pour travailler pour un blog de témoignages qui parle de parentalité, je sais à quel point c'est dur quand un des conjoints veut un autre enfant et pas l'autre, comme ça peut faire mal.

Oui, mais c'est moi qui les porte. Même si je suis relativement zen, c'est moi seule qui en ai la responsabilité pendant neuf mois. C'est moi qui m'inquiète du fait que ce bébé pourrait mourir à l'intérieur de moi, ou mon corps décider de le faire sortir trop tôt. 

Arrêter les bébés maintenant, ce serait s'arrêter gagnants. Aucune fausse couche, aucune mort foetale (enfin, je touche évidemment du bois pour cette grossesse, je ne serai vraiment rassurée qu'à la naissance). Deux grossesses, deux bébés, hyper chanceux, les gars. Je n'ai pas envie de tenter le diable (ben oui, plus tu joues, plus tu as de risques de perdre, c'est mathématique... et je ne suis pas joueuse), je voudrais m'arrêter sur ce bilan parfait.

Et puis, cela rejoint ce que je disais dans mon article de mai dernier, deux enfants avant nos 30 ans, ça nous permettrait de sortir rapidement des couches et de commencer à faire un peu autre chose de nos vies. Je ne sais pas si j'ai envie de remettre ma vie entre parenthèses pendant une nouvelle grossesse et une nouvelle période de petite enfance. Moi je veux m'investir dans mon travail, faire des sorties, prendre des vacances, investir notre argent dans des postes moins gourmands qu'un nourrisson.

Avant, je ne comprenais pas les personnes qui voulaient faire leurs enfants rapidement pour être vite débarrassés des contraintes des bébés. Je ne voyais pas l'intérêt de faire des enfants si c'était pour souhaiter les voir grandir à toute vitesse et qu'ils aient le plus vite possible le moins besoin de nous possible. A présent je comprends. Des enfants grands, c'est bien aussi, et souhaiter faire un peu autre chose de sa vie, ce n'est pas moins les aimer, pas du tout.

Mais je ne veux pas non plus que mon mari vive toute sa vie avec un regret, une vide qui lui serre le coeur. Alors je ne sais pas. Je suppose qu'on verra si l'envie revient, peut-être à nouveau dans trois ans. L'avantage tout de même, c'est qu'on a commencé tôt et qu'on est encore jeunes. Nous n'avons pas d'horloge biologique qui nous presse, et nous savons qu'à 40 ans dans tous les cas (enfin, à part si on en fait encore trois ou quatre), nous serons sortis de tout ça...

Est-ce une idée suffisamment réconfortante, de s'imaginer sortis des affres de la grossesse et de la période tout-petit dans dix ans ? Je n'en suis cependant pas sûre...