"Sinon, tu penses accoucher un jour ? me demande Papa-chat.
- Au point où j'en suis, je ne réponds plus de rien."

A l'heure où j'écris, nous sommes une semaine avant mon terme. Le stade où Choupie est née. Moi qui espérais accoucher plus vite cette fois-ci, c'est râpé (d'autant plus râpé qu'à l'heure où je publie, nous sommes trois/quatre jours plus tard, et toujours rien !)...

J'ai commencé à me préparer à 34SA, une amie blogueuse (Maman Nouille pour ne pas la citer) ayant accouché à ce stade. Puis j'ai vu les semaines défiler : 35SA, comme Hermy. 36SA, comme Die Franzoesin. 37SA, parce que "maintenant elle a le droit". 38SA, comme ma gentille collègue Gwénaëlle. 39SA, c'était mon intuition. 40SA, comme pour Choupie. Cela fait donc presque deux mois que je me dis : "Maintenant, ça peut arriver n'importe quand." Et que ça n'arrive pas.

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Cette photo a déjà plus d'un mois...

Je ne me souviens plus tellement du dernier mois pour Choupie. Je crois qu'il m'a semblé moins long que celui-ci. Quoique je me rappelle que je voyais les naissances s'enchaîner sur mon groupe des mamans d'avril (je m'en rappelle d'autant mieux que ce sont les anniversaires de 3 ans que je vois à présent s'enchaîner sur mon Facebook), et que dans ma tête résonnait sans cesse Denver le dernier dinosaure ("C'est mon ami et bien plus encore" ... WAIT, WHAT ?). Je sais aussi que je photographiais les yaourts qui périmaient en même temps que ma grossesse (enfin, après mon terme, quoi) en me disant que malgré tout, ça se rapprochait. Oui, ça devait me sembler long tout de même. En tout cas, j'ai sincèrement été surprise quand j'ai perdu les eaux une semaine avant terme : je m'attendais à aller au bout, voire à être déclenchée, comme ma mère.

Et je crois que cette semaine, un revirement s'est enfin produit, que l'impatience me laisse enfin un peu de répit, qu'elle est remplacée par une sorte de résignation. Oui, je suis enceinte, lourde, douloureuse. Mais je ne contrôle pas mon accouchement, je ne peux pas le déclencher par la force de la pensée, ni même par la force d'autre chose (pourtant j'ai essayé le ménage, les escaliers, les promenades quotidiennes...). Alors voilà, tant que je sens ma petite bouger, je suis rassurée, et je me dis que ça viendra quand ça viendra...

D'une certaine façon, j'avoue que je ressens un peu de fierté.

Je n'ai jamais été une grande sportive. Mon prof de sport m'a mis la moyenne au bac parce que j'avais une bonne tête, et depuis le lycée, je ne fais plus aucun sport (et je m'en porte très bien). Je fais 1m63 et 50 kg (en temps normal !!), j'ai une ossature extrêmement fine (je peux faire le tour de mon poignet avec mon pouce et mon index, les seules bagues qui me vont sont en taille enfant) et à peu près zéro muscle (bon, je dois bien en avoir quelques uns, mais ils sont bien cachés, quoi). Je suis maladroite, je n'ai aucune coordination. Bref, je suis une faible, physiquement (même si j'ai une santé de fer : je n'attrape jamais rien d'autre que des rhumes, mon médecin ne me voit parfois pas pendant des années entières), le genre qu'on choisit toujours en dernier en sport collectif. J'ai grandi avec cette idée et ce complexe.

Et pourtant, j'ai porté tous mes bébés jusqu'au bout. Bon ok, ça n'en fait que deux, mais justement, je n'en ai jamais perdu aucun. Je sais que ça fait de moi plus une grosse chanceuse qu'une sportive de haut niveau, mais tout de même, je suis heureuse de ce corps sur lequel je peux compter, qui prend soin de mes bébés jusqu'à ce qu'ils soient (bien bien) en âge d'affronter le monde terrestre. Donc voilà, aujourd'hui, plutôt que de te haïr de faire de la rétention de bébé, je voulais te remercier, petit corps. 

Et pour toutes celles qui attendent aussi désespérément leur bébé depuis des semaines et des semaines (en particulier ma camarade de galère Miss Chat, spéciale dédi !), j'ai écrit une petite chanson (à chanter bien évidemment sur cet air-ci) :

Bébé se cale gentiment dans mon ventre,
Voilà, commence un nouveau jour,
Une journée d'incertitude,
Je crois en être là pour toujours.

Le gnome qui squatte en moi,
Ne viendra pas demaaaain,
Il est bien trop tard,
J'y ai cru en vain...

"Ecarte les cuisses, fais le poirier,
Attaque ton homme, ce bébé va gicler !"
Pas de repos, pas d'relâchemeeeeent,
Un accouchemeeeent !

Engrosséééée, résignéééée,
Je ne l'pondrai p't'êt' jamaaaais.
Engrosséééée, résignéééée,
Ça y est, j'ai laissé tombeeeer.

J'ai r'léguééé,
Mon espoir au grenieeer,
Dans ma p'tite maisoooon,
Je ne suis pas près d'aller à la maternité...

Quand on prend de la grosseur,
Tout passe plus lentement,
Les nausées, l'angoisse, les douleurs,
M'ont fait chier bien trop longtemps !

Je ne vois pas ce que je peux faire,
Ma date de ponte reste un mystère,
Si j'ai très mal,
Je dis tant pis... tant piiiiis !

Engrossééééée, résignéééée,
L'déclenchement arrive à grands paaaas.
Engrosséééée, résignéééée,
Non, je ne pleure paaas.

Me r'voilàààà,
Oui je reste làààà,
Dans ma p'tite maisooon...

Mon bidou s'élargit et envahit l'espaaaace,
Dans mes leggins il n'y aura très bientôt plus de plaaaace,
Et mon vagin est maint'nant une zone condamnééééée,
Je ne me plaindrai pas, je n'ai qu'à patienteeeer...

Engrosséééée, résignééée,
Allez, bébé je suis prêêête !
Engrosséééée, résignéééée,
Viens là ma jolie choupeeeeette !

Je suis làààà,
J'l'ai toujours étéééé,
Dans ma p'tite maisoooon...
J'ai fait mes adieux à la maternité...

Voilà voilà voilà.

J'espère (tout de même) ne pas pouvoir vous réécrire avant la naissance du second petit chat. Sinon j'ai un autre article sur le feu, un article un peu inédit dans sa forme, vous allez voir (et j'espère que ça vous sera utile) (sinon tant pis, moi ça m'aura fait plaisir).

Ils vont passer d'une façon ou d'une autre, ces derniers jours !